Interview Marie-Jeanne Bazin, gérante de l’entreprise Axions 21.

 

Quel poste occupez-vous principalement ?

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Je suis la gérante de l’entreprise Axions 21, créée en 2006. Il s’agit d’une SARL de conseils et de formations en développement durable vers les collectivités territoriales et entreprises. Notre rôle est de les accompagner sur des thématiques du développement durable : efficacité énergétique des bâtiments, dynamisation de centre-ville, gestion de déchets, questions d’entrées environnementales, nouvelles formes d’économies.

J’ai également beaucoup d’engagements autres : CCIT, CCIR, CESER PDL …

Quel a été votre parcours professionnel ?

J’ai commencé par différents activités qui n’ont rien à avoir avec l’environnement.
Pendant sept ans, j’ai occupé le poste d’attachée juridique en droit civil et sécurité sociale. J’ai par la suite été responsable informatique en tant que pilote de la première carte de santé (Santal).

J’ai également pratiqué du bénévolat en tant que responsable d’une commission dans un parti politique qui accompagnait la gestion optimisée des déchets dans les collectivités territoriales.

En 2006, j’ai écrit un guide sur la prise en compte du développement durable pour le réseau France Initiative.

De 2007 à 2011, j’ai participé à l’accompagnement des espaces info-énergie pour les particuliers avec l’ADEME et au développement des installations solaires et projets de la région Pays de la Loire.

Depuis, je mène des actions de formation.

Considérez-vous que la préservation de l’environnement soit suffisamment prise en compte dans l’économie actuelle ?

Certainement pas. Aujourd’hui, la prise en compte de l’environnement n’est pas prioritaire, même si les choses évoluent.

Selon vous, les termes développement durable et business vont-ils de pairs ?

Oui, absolument, rien ne l’empêche. La norme ISO26000 permet de changer les rapports et de regarder davantage l’entrée sociétale. L’approche RSE est un aspect du développement durable. La dernière norme de novembre 2018 sur l’économie circulaire s’appuie sur les enjeux du développement durable.

Les choses évoluent, je suis très positive sur le sujet. On ne peut pas continuer comme ça.

L’association de la révolution numérique et de la transition verte vous semble-t-elle pertinente ?

Je suis mitigée. En effet, le numérique est excessivement utilisé dans la prise en compte du développement durable. La numérisation permet d’aider et de faciliter la transition verte bien évidemment, mais il faut la cadrer. Ne pas confondre outils et valeurs.

Une société entièrement automatisée n’est pas forcément ce dont nous avons besoin. La société évolue, les comportements doivent changer. La transition est géniale en soit mais attention.

Les outils développés utilisent des ressources limitées, retraitées dans des conditions critiquables dans des pays lointains (empreinte carbone).

Que pensez-vous des activités de Smartenon ?

Ses activités sont indispensables et nécessaires. Le développement de ce type de bâtiments est l’avenir.

Y a-t-il urgence à agir ?

Oui, il n’y a plus le choix. La question énergétique coûte trop chère du fait de notre dépendance, il faut donc agir rapidement sur le développement des énergies renouvelables et surtout le changement des comportements.

Il faut être présent sur plusieurs leviers dont le sociétal et mettre en place des mesures d’accompagnement, des cadrages sont indispensables.

C’est urgent mais il ne faut pas oublier la temporalité. Il faut de l’information, du suivi, de l’évaluation et de la transparence.

L’usager est-il au cœur de la transition ?

Oui. Pour les entreprises qui sont d’abord des consommateurs mais aussi des acteurs relais sur les territoires. Les collectivités territoriales sont quant à elles les cadreurs des schémas de développements économiques. Il reste le citoyen au milieu de tout ça. Pour que la transition soit durable et pérenne, il faut le convaincre.

L’usager, quel qu’il soit, demande de la transparence. Il doit savoir pourquoi il investit pour une transition écologique durable.

En conclusion ?

Aujourd’hui, nous avons plus que besoin de la numérisation pour une transition verte efficace. Tout l’intérêt est de faire des économies de ressources et prioriser le mix énergétique qui s’examine en tenant compte des productions et des besoins locaux.
L’aspect sociétal est le socle de la transition.

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